Le premier pèlerinage français attesté que nous ayons est celui que fit Godescalc, évêque du Puy, en l’an 950. « Toujours plus outre » (toujours plus loin) était la devise de ceux qui avaient fait vœu de cheminer vers les reliques de saint jacques l’Apôtre, échouées en Galice. Plusieurs grands axes sillonnaient le Sud –ouest. La voie d’Angoulême passait par Lalande de Pomerol avant de traverser la Dordogne à Condat, puis rejoignait l’abbaye de la Sauve Majeure avant de converger avec les autres voies vers les cols des Pyrénées. Ce chemin était fort apprécié. Toutes les commanderies, les hospices ou les hôpitaux étaient propriétaires de vignobles. Les ordres religieux se consacraient à l’accueil et aux soins des pèlerins. Ils étaient entourés d’un personnel qualifiés, infirmiers, pharmaciens, exploitants agricoles. Le père abbé cédait au départ la panetière bénie remplie de pain pour le voyage, et accompagnait sa bénédiction d’un sauf-conduit (parfois une médaille) pour preuve que le cheminant n’était pas un vagabond.