Voués au quotidien de la pitance des ordres religieux et à la célébration du culte jusqu’au XVIIIe siècle, les vins furent aussi utilisés pour remonter le moral aux pèlerins et surtout comme décoctions curatives à usages variables. Si la barrique réservée au commandeur, baptisée Speciosa Seposito, cuvée admirable (1) sans doute ancêtre de nos cuves spéciales, était réservée aux grandes occasions, il est vraisemblable que nombre de décoctions préparées par nos grands mères sont inspirées de celles qu’employaient les moines. Au nombre de celles ci, citons le vin chaud à la cannelle et autres jaunes d’œuf battus dans le vin pour redonner des forces. Il est d’ailleurs probable qu’en des temps où le vin piquait régulièrement au retour du printemps, la pharmacopée associait les vertus soignantes des plantes à leurs capacités à pouvoir masquer la dégradation du vin, et à le rendre buvable. Les vermouths et autres apéritifs qui requinquaient encore il y a pas bien longtemps sont les descendants actuels de ces viens de pèlerins.

(1) Tiré du Grand Bernard des vins de France : Pomerol, par Bernard Ginestet, éditions J. Legrand.

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